
Sur les quais de Gustavia, dans les entrepôts de pierre qui bordent le port, des milliers de barriques de rhum ont transité pendant près de deux siècles. Saint-Barthélemy n'a pourtant jamais produit une seule goutte de cette eau-de-vie. Ni canne à sucre, ni distillerie, ni plantation. Et c'est précisément ce paradoxe qui rend l'histoire du rhum à Saint-Barth si fascinante. D'un comptoir commercial suédois où le rhum coulait à flots jusqu'au plus grand bar à rhum des Caraïbes, l'île a tissé avec cet alcool un lien profond qui raconte, mieux que n'importe quel livre d'histoire, sa trajectoire extraordinaire. BARNES Saint-Barthélemy vous invite à remonter le fil de cette histoire.
Lorsque la Suède prend possession de Saint-Barthélemy en 1784, l'île n'est qu'un rocher aride de 25 kilomètres carrés peuplé de quelques centaines d'âmes. Le sol volcanique, battu par les vents, est impropre à la culture de la canne à sucre qui fait la richesse des îles voisines. Mais le roi Gustave III de Suède a une vision : transformer ce caillou en port franc, un havre de commerce libre de toute taxe au cœur des Antilles.
L'effet est immédiat. Dès 1785, Gustavia devient une plaque tournante du commerce des Caraïbes. Les navires marchands de toutes les nations y font escale pour échanger leurs cargaisons sans s'acquitter de droits de douane. Et parmi ces marchandises, le rhum occupe une place centrale. Les barriques arrivent de Martinique, de Guadeloupe, de la Jamaïque, de la Barbade, et transitent par les entrepôts de Gustavia avant de repartir vers l'Europe et l'Amérique du Nord.
Au plus fort de la période suédoise, le port de Gustavia accueille jusqu'à 800 navires par an. Les entrepôts regorgent de rhum, de sucre, de café et d'épices. L'île compte près de 6 000 habitants, des dizaines de commerces, trois journaux et même un théâtre. Gustavia est alors l'un des ports les plus actifs de la Caraïbe, et le rhum en est le sang.
Pour les habitants de Saint-Barthélemy, le rhum n'est pas un simple produit de négoce. C'est un compagnon du quotidien, un remède, une monnaie d'échange. Les pêcheurs en emportent une bouteille en mer. Les femmes l'utilisent en friction contre les fièvres. On le boit pur au lever du jour, coupé d'eau de coco à la tombée de la nuit. Le ti'punch, ce mélange de rhum agricole, de citron vert et de sucre de canne, s'impose comme le rituel de l'île, celui qui scelle les marchés, célèbre les naissances et accompagne les veillées funèbres.
La rétrocession de l'île à la France en 1878 met fin au statut de port franc et marque le début d'un long déclin. Sans avantage fiscal, le commerce s'effondre. Gustavia se vide. La population tombe à quelques centaines de familles qui survivent de la pêche, de la fabrication de chapeaux de paille et du travail du sel. Le rhum reste l'un des rares plaisirs accessibles, un fil ténu qui relie ces décennies de pauvreté à l'âge d'or suédois.
Pendant près d'un siècle, Saint-Barthélemy vit dans l'oubli du monde. L'île n'a ni aéroport, ni électricité, ni eau courante. Les maisons sont en bois, les chemins en terre. Et pourtant, dans chaque foyer, le rhum est là. Il est le lien avec les îles voisines dont arrivent les bouteilles sur les goélettes, le dernier vestige d'un commerce qui avait fait la grandeur de Gustavia.
L'histoire bascule en 1957 lorsque David Rockefeller achète un terrain sur les hauteurs de Colombier pour la somme dérisoire de 32 500 dollars. Le milliardaire américain découvre ce que les Saint-Barths savaient depuis toujours : une beauté naturelle intacte, un climat parfait, et un art de vivre où la simplicité côtoie l'authenticité. Rémy de Haenen, aviateur aventurier devenu maire de l'île, fait construire la première piste d'atterrissage sur le flanc de la colline de Saint-Jean. L'île s'ouvre au monde.
Dans les décennies qui suivent, Saint-Barthélemy se transforme progressivement. Les premières villas apparaissent. Les hôtels de charme s'installent. La jet-set découvre ce petit paradis discret et en fait son refuge. Mais le rhum ne disparaît pas avec l'arrivée du luxe. Il se réinvente. Le ti'punch que l'on buvait au bistrot du port se déguste désormais au coucher du soleil sur la terrasse d'une villa surplombant la baie de Saint-Jean. Le rhum de négoce cède la place aux cuvées d'exception, aux millésimes rares, aux assemblages de maîtres de chais venus des quatre coins des Caraïbes.
C'est toute la magie de Saint-Barthélemy : l'île n'a pas renié son héritage. Elle l'a sublimé. Le rhum n'est plus une nécessité, c'est devenu un art de vivre. Et c'est cette alchimie entre tradition et raffinement qui définit l'esprit de l'île aujourd'hui.
Saint-Barthélemy abrite désormais le plus grand bar à rhum des Caraïbes. Le Rhum Room, installé dans une ruelle discrète de Gustavia, aligne plus de 700 bouteilles derrière son comptoir. Des rhums agricoles de Martinique aux productions confidentielles de Grenade, des millésimes des années 1950 aux dernières créations de maîtres distillateurs, chaque bouteille raconte une histoire. L'ambiance est celle d'un speakeasy tropical, intime et feutrée, où les connaisseurs se retrouvent pour des dégustations guidées qui peuvent durer des heures.
Chaque année, le St Barth Rhum Festival rassemble les plus grandes distilleries de la région pour un événement devenu incontournable. Pendant trois jours, masterclasses, dégustations et cocktail competitions transforment l'île en capitale mondiale du rhum. Les maîtres de chais de Clément, J.M, Trois Rivières ou Diplomatico y présentent leurs dernières créations aux côtés de producteurs indépendants venus des quatre coins de l'archipel caraïbe.
Au-delà des bars et des festivals, le rhum irrigue la vie quotidienne de Saint-Barth. Le ti'punch reste le rituel sacré de l'apéritif, celui que l'on prépare soi-même avec le citron vert pressé à la main et le sucre de canne dissous au fond du verre. Les bartenders des plus belles adresses de l'île rivalisent de créativité pour proposer des cocktails signature à base de rhum. Et les marques locales, comme Ti Rhum, font vivre l'identité de l'île à travers des bouteilles que l'on ramène en souvenir ou que l'on offre à ceux qui rêvent de Saint-Barth.
Un ti'punch préparé sur la terrasse de votre villa au coucher du soleil, les pieds dans l'herbe et le regard perdu sur l'océan. Une soirée dégustation entre amis, organisée par votre concierge privé avec un sommelier spécialiste des rhums d'exception. Un déjeuner au bord de la piscine ponctué d'un planteur préparé avec le rhum ramené du Rhum Room la veille. C'est cette vie-là que nos clients vivent à Saint-Barthélemy.
Notre agence propose une sélection exclusive de villas en location saisonnière à Saint-Barthélemy sur l'ensemble de l'île. Que vous rêviez d'une villa sur les hauteurs de Gustavia avec vue sur le port où transitaient jadis les barriques, ou d'une retraite face à l'océan sur la côte sous le vent, chaque propriété est une invitation à vivre l'art de vivre à Saint-Barth à son rythme.
Nos services de conciergerie à Saint-Barth se chargent de tout : réservations au Rhum Room, inscriptions au St Barth Rhum Festival, organisation de dégustations privées dans votre villa, et bien plus encore. Découvrez également nos propriétés d'exception en vente à Saint-Barthélemy pour faire de cette île votre port d'attache.
Faire un commentaire